À 100 jours des WorldSkills 2026 à Shanghai, Augustin Mettraux se prépare à représenter la Suisse dans la discipline de la menuiserie. Rencontre avec un jeune professionnel neuchâtelois passionné, déterminé et fier de porter les couleurs de son métier, de son canton et de son pays.
En quelques mots, Augustin, qui es-tu ?
J’ai 20 ans et j’habite à Fontainemelon. J’ai obtenu mon CFC de menuisier en juillet 2025, après quatre ans d’apprentissage. J’aime aussi la course à pied, le tir sportif et passer du temps en montagne.
Qu’est-ce qui t’a motivé à devenir menuisier ?
J’ai toujours voulu exercer un métier manuel et varié. La menuiserie s’est imposée comme une évidence ! Je trouve formidable de pouvoir créer toutes sortes d’objets à partir d’une simple planche de bois.
Revenons à ton expérience aux SwissSkills. Qu’est-ce qui t’a motivé à y participer ? Espérais-tu décrocher une médaille, voire deux ?
J’ai participé aux premières qualifications cantonales sans vraiment connaître les SwissSkills et sans imaginer aller plus loin. Mais après avoir remporté ce premier concours, l’envie de me mesurer aux meilleurs menuisiers de Suisse a grandi. J’ai alors commencé à m’entraîner avec l’objectif de progresser toujours davantage.
Avant les SwissSkills, les neuf participants qualifiés ont suivi plusieurs week-ends d’entraînement ainsi que trois concours d’une journée, qui comptaient déjà pour une partie des points des SwissSkills. Cela nous a permis d’élever notre niveau au fil de l’année. Je ne faisais pas partie des favoris, mais je savais que j’avais une chance de décrocher une médaille.
Comment se sont passés les jours après ton retour des SwissSkills ?
J’étais heureux et j’ai reçu beaucoup de félicitations. J’ai aussi été interviewé par plusieurs médias. Mais la vie reprend vite son cours : dès le lundi, j’étais de retour au travail.
Participer aux WorldSkills était-il une évidence ? Aurais-tu pu y renoncer ?
Les menuisiers qui participent aux SwissSkills s’engagent à se rendre aux WorldSkills s’ils y sont qualifiés. Mais c’est de toute façon une telle chance de pouvoir y participer que la question ne se serait même pas posée.
Quand as-tu débuté ta préparation aux WorldSkills ? Comment se passe ta préparation ?
Dès la fin des SwissSkills, j’ai consacré mes week-ends et mes soirées à préparer un nouvel outillage spécifique aux WorldSkills. Depuis le mois de mars, j’ai arrêté de travailler pour me consacrer à 100 % à l’entraînement.
À l’entraînement, je développe des méthodes de travail qui doivent être à la fois les plus efficaces et les plus précises possible. Je réalise des exercices spécifiques ainsi que des projets complets tirés des éditions précédentes.
Quel est ton objectif pour les WorldSkills ?
Mon objectif est de ramener une médaille en Suisse.
Quel est le budget pour une participation aux WorldSkills ? Qui le finance ?
L’outillage coûte très cher, et passer six mois à s’entraîner sans revenu représente aussi un effort important. Je suis soutenu par UBS, sponsor des SwissSkills, le FAPP, l’ANECEM (Association neuchâteloise des entreprises de charpente, ébénisterie et menuiserie) ainsi que la FRECEM (Fédération romande des entreprises de charpenterie, d’ébénisterie et de menuiserie). Pour le reste, je dois trouver moi-même les financements nécessaires.
Quels sont les frais que tu dois assumer seul ?
Je dois assumer tous les frais liés spécifiquement à mon entraînement : six mois sans revenu, l’outillage et les entraînements à l’extérieur. En revanche, tout ce qui concerne le voyage en Chine, l’hôtel et la nourriture est pris en charge par SwissSkills.
Comment as-tu réagi à l’idée d’organiser un fundraising pour soutenir ta candidature ?
J’ai été très heureux que l’on me propose cette idée. Cela me permet de me concentrer sur mon entraînement sans devoir consacrer du temps à chercher seul des financements.
Revenons à ta préparation ! Comment te sens-tu à 100 jours des WorldSkills ? Quelles sont les prochaines grandes étapes ?
À 100 jours du concours, l’entraînement se passe bien. Beaucoup de choses ont déjà été améliorées, mais je dois continuer à m’entraîner à fond pour arriver à Shanghai avec le meilleur niveau possible.
Portraits d’Augustin Mettraux
Portrait Augustin sur Team WorldSkills
